LA COMMISSION TRILATERALE

 

 

L’INFLUENCE DE LA COMMISSION TRILATERALE

Elle a été créée en 1973 (avec les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, le Japon, la Belgique, le Danemark, la France, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, la Hollande, la Norvège et le Royaume-Uni) (Cetri, 1979). Henry Kissinger, Zbigniew Brezinski et David Rockefeller sont les principaux fondateurs de la Commission Trilatérale, de même que du groupe Bilderberg et du Concil on Foreign Relations (Geuens, 2003 : 30) (Balany, 2003 : 293). Selon Stephen Gill, elle a été conçue comme une structure plus formelle et efficace que le groupe Bilderberg, visant à  propager les mêmes idées néo-libérales, c’est à  dire celle du Consensus de Washington (Gill, 1990).

En 1975, la commission Trilatérale a commandé un rapport à  des chercheurs reconnus pour leur proximité avec le pouvoir dominant, Crozier et Huntington, qui reflètent la philosophie politique de cette association professionnelle. Ceux-ci affirment notamment que «L’esprit de la démocratie : individualisme, égalitarisme, populisme dans une reconnaissance des distinctions de classe et de rang a sapé l’aristocratie, l’Eglise, l’armée (…). La valeur démocratique de l’égalité conduit à  la déligitimation de l’autorité et à  la perte de confiance dans le leadership (…). La soumission des gouvernements à  leur électorat a encouragé le développement d’un naturalisme régional et national (…). La démocratie est égalitaire, elle détruit la base de la coopération entre les citoyens (…..)

Si la liberté des médias est indiscutable, elle ne peut cependant devenir un abus (…). Des mesures devraient être prises pour réinstaurer l’équilibre entre son pouvoir et ses responsabilités (…). En outre, les politiciens devraient pouvoir être protégés légalement contre les abus de pouvoir de la presse » (Crozier et Huntington, 1975).

David Korten ajoute que Rockfeller fut aussi le principal instigateur de la commission Trilatérale, dont il tient la présidence durant les années 80. A la même époque, il présidait le Council on Foreign Relations (CFR : Conseil pour les relations étrangères) qui regroupe des dirigeants d’entreprise des Etats Unis qui contrôle plus de la moitié des richesses du pays (Korten, 1995)13. Le CFR est une organisation américaine qui rassemble des leaders politiques ou économiques de haut niveau (comme George Bush père, Henry Kissinger, ou David Rockefeller, le président du CFR). Depuis le début du 20è siècle, presque tous les présidents américains sont des membres du CFR. Le Comité consultatif du CFR comprend des représentants étrangers, comme Michel Rocard (ancien premier ministre français) ou Otto Lamsdorf (ancien ministre des finances allemand).

Parmi les dirigeants de la commission Trilatérale les plus connus figurent, Etienne Davignon, Jimmy Carter, Bill Clinton, Georges Bush, Alan Greespan, Paolo Fresco (Fiat), Daniel Jansen (Solvay), Bjorn Svedberg (Ericsson)

Selon Stephen Gill, les membres de la Commission Trilatérale cherchent aussi à  y déterminer les politiques économiques qui seront adoptées aux niveaux nationaux et internationaux par les dirigeants politiques. Les entreprises à  vocation nationale et les organisations de travailleurs sont sous représentées (Gill, 1990).

Certains français ont été invités aux réunions de la commission trilatérale : Michel Barnier (ancien ministre, vice-président des laboratoires mérieux) ; le professeur Albert Bressand ; Henri de Castre (Pdg du groupe d’assurances AXA) ; Bertrand Collomb (Pdg du cimentier Lafarge) ; Richard Descoing (directeur de l’Institut d’études politiques de Paris) ; Patrick Devedjian (député) : Yves de Kerdrel (éditorialiste au Figaro) ; Anne Lauvergeon (Pdg du groupe d’énergie nucléaire Areva) Thierry de Montbrial (président de l’IFRI :Institut français des relations internationales) ; François Pinault (directeur du groupe Artemis) et Olivier Roy (orientaliste) (Geuens, 2003)

Les liens qui unissent ces trois associations professionnelles (Bilderberg Group, C.F.R., Trilatéral) sont très étroits, ce qui explique la présence de nombreux affiliés du Bilderberg Group au sein du C.F.R. ou de la Trilatérale. Cela contribue à  renforcer le consensus idéologique et la coordination des décisions à  prendre à  l’échelon international. Nous avons vu précédemment que le financier Rockefeller anime ainsi les trois organisations. D’autres personnes sont affiliées, en même temps, à  deux ou trois de ces sociétés. Par exemple: georges Bush (CFR, Trilatérale); Zbigniew Brzezinski (CFR, Trilatérale, Bilderberg); Henry Kissinger (CFR, Trilatérale, Bilderberg); Robert McNamara (CFR, Trilatérale, Bilderberg); Giovanni Agnelli (Trilatérale, Bilderberg); Baron Edmond de Rothschild (Trilatérale, Bilderberg); Thierry de Montbrial, président de l’Institut Français des Relation Internationales (Trilatérale, Bilderberg); Jean-Claude Casanova (Trilatérale, Bilderberg), homme de confiance de Raymond Barre (Trilatérale) (Geuens, 2003).

Conclusion

Les associations altermondialistes réclament l’accès à  toute l’information utilisée dans les processus de « policy-making » et la mise en place d’une démarche volontaire d’information publique, dans les décisions qui concernent les institutions internationales . Or les dirigeants et leurs associés qui président l’OMC, la Banque Mondiale, le FMI, l’Union Européenne, et les gouvernement nationaux, sont parfois présents au sein de ces associations professionnelles comme la commission trilatérale. Dans ces derniéres, même s’il en ressort officiellement peu d’informations, on sait néanmoins qu’ils y discutent surtout de projets visant à  développer une «gouvernance bonne et globale» dont la nature est néo-libérale. Ce manque de transparence concernant la teneur des débats qui se tiennent ne contribue donc pas à  la démocratie internationale.


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